Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 01:34

http://www.lacinemathequedetoulouse.com/system/photos/1365/original/biquefarre-1.jpg?1260782659

Aujourd'hui, c'est d'un film un peu à part que l'on va parler. Biquefarre est un film sorti en 1984, réalisé par Georges Rouquier.

 

Film rare, car il fait partie des quelques films français néo-réalistes. Avec une petite ambiguité, c'est une famille de fermiers à laquelle Rouquier avait déjà consacré un film en 1947, Farrebique. Il revient donc, presque 40 ans plus tard, donner une suite à l'histoire de cette famille.

 

Dans ce premier film (que je n'ai pas vu), Rouquier évoquait à travers cette famille la vie des paysans en 1946, et le dur (et sain) labeur du travail, ce qui avait valu au film d'être qualifié d'"archaique", voir de "pétainiste".

Biquefarre prend la direction opposée. En 40 ans, l'arrivée de l'agriculture moderne a tout chamboulé. Au constat optimiste du premier épisode succède une noire déprime. Les machines sont arrivées, les pratiques ancestrales ont été remplacés par le vrombissements des moteurs, on annonce même l'arrivée des ordinateurs à la ferme pour l'an 2000.

 

Dans cette agriculture industrielle, où il faut s'aggrandir pour survivre, la mise en vente de la ferme de Biquefarre, voisine du domaine de Farrebique (que nous suivons), déclenche de violentes querelles entre agriculteurs voisins.

 

Le cadre est rigoureux, les hommes entre les rangées de bovins sont centrés, entourés et impliqués dans leur métier de machines. Les moisonneuses batteuses sont tantôt filmées en gros plan, l'homme paraissant comme engoncé dans son sarcophage de fer, tantôt filmées de loin, dans l'immensité du champs, métaphore de la solitude de ce monde moderne.

 

Mais la violence des émotions suscitées par ces machines menaçantes n'est rien comparés à l'évolution des relations entre ces hommes et femmes.

D'abord courtois, l'angoisse, la peur de disparaitre se font de plus en plus sentir dans leurs discussions. Le ton monte, l'amitié disparait sur l'autel de l'argent. La simplicité des cadres est confondante, dans ce décor qui n'a plus rien de rural, tout enveloppé de formica sans âme.

 

Tout le monde se connait toujours, chacun appelle l'autre par son prénom, ils viennent se voir après le travail, se rendent au café ensemble. Mais derrière les apparences, ces petites communautés voisines se sont "merveilleusement bien" adaptés au monde moderne.

Tandis qu'Henri marchande secrètement avec le propriétaire de Biquefarre, un agriculteur désabusé en route pour la ville et une nouvelle vie, la vie continue au milieu des machines.

 

Rouquier met en scène le caractère organique de la menace. Par ses plans aussi simples que terribles, sur des coccinelles aspergées d'insecticide, de cet homme prenant sur la tête un sac de produits, violement pris de nausées en fin de journée, de Roch, pantin inarticulé avec lequel on communique par astuce.

 

Cette communauté attachée à la nature est devenue une communauté individualiste et égoiste, qui rentre chez elle après la messe, qui ne croit plus en ses valeurs, mais garde un simulacre de tradition, gâtée par les querelles qu'engendre l'industrie.

Par fragments d'âme - Publié dans : Retour sur... - Communauté : 1 article = 1 film
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Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 01:52

http://md0.libe.com/photo/409437/?modified_at=1334126522&width=476

On commence par la fin. Dans le cycle des 3 films de Francis Ford Coppola tournés en numérique, avec peu de moyens, des acteurs sur le retour, et un chef op jusqu'alors peu réputé, j'aurais vu en premier Twixt (alors que je possède depuis quelques temps le DVD de Tetro !).

Un tel bouleversement après les films à gros budgets qu'on connait prêtait à interroger. D'aucun diront de Coppola qu'il devient gateux, et tourne pour le plaisir des films fauchés et cheap, d'autres diront que derrière un étrange habit de film numérique et cheap, Coppola a su retrouver encore une fois l'osmose cinématographique.

Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est surtout que derrière ses choix, si ambigues paraissent-ils, un artiste en demeure toujours un, un grand cinéaste gardera ce titre Ô combien dérisoir. Derrière ce vernis numérique, c'est bien la patte d'un auteur, la patte d'un grand cinéaste qu'on voit poindre.

Ce film très personnel, que je n'ai pas vu en 3D, se caractèrise d'abord par une grande inventivité visuelle. La première chose frappante est l'utilisation du numérique. Son absence de grain mélé à l'utilisation de la longue focale créent dans certains plans en plongée une perspective écrasée, une image manquant de relief, qui ne manque pas de nous désorienter. Au contraire, lors de l'arrivée de l'écrivain dans la ville, c'est cette courte focale qui voit tout, qui saisit tout, qui vient nous renseigner sur le point de vue omniscient qui sera à l'oeuvre dans le film.

D'une manière générale, Coppola use et abuse de plans penchés. En choisissant une majorité de plans fixes, il désoriente l'oeil des spectateurs américains et des autres, habitués à la vitesse. Avec ces perspectives ecrasées, cette forêt de rêve dépourvue de tout repère, hormis cet inquiétant hotel, cette porte en fer dans un mur de brique, et surtout cet inquiétant beffroi, il nous perd complètement dans un espace dépourvu de repères. L'absence d'heure précise, les réveils brutaux, achèvent de nous frustrer. Coppola sait jouer avec nos envies de regard, pour mieux nous surprendre, en usant d'ailleurs astucieusement des transitions sons, utilisant tous sons venant à sa portée, du bruit de Skype à l'étouffement des bruitages, comme lors de la chute de l'écrivain, il utilise le choc sonore pour annoncer le rêve ou la réalité. Dans le rêve, tous les sons sont plus doux, plus ronds, nous le rendant ainsi plus désirable que les sons agressifs, les voix violentes et hurlées du monde "réel".

On retourne à un quotidien banal, d'un pauvre écrivain frustré, qui n'a jamais trouvé un sens à son art. Cette réalité qu'il a sous les yeux, il est incapable de la voir et de trouver ce qui le pousse. C'est uniquement dans le rêve qu'il saura la trouver, guidé par le fantôme triste et éternellement mélancolique d'Edgar Allan Poe.

En plus d'affirmer son admiration pour l'auteur, Coppola utilise l'expérience de Poe pour faire des rapprochement avec la sienne. Cette image de l'écrivain mort, joué avec une grande justesse par le brillant Ben Chaplin, a valeur de comparaison, non de métaphore. La caméra de Coppola cherche dans ce monde du rêve, dans cette confrontation avec le passé, à dégager un idéal d'écriture, comme excorcisme des fantomes. C'est une vision en fait presque psychanalytique qu'il nous propose là. Toujours Hall, comme Francis et Edgar Allan, sont comdamnés à ressasser éternellement leur douleur, à donner à leur perte de multiples noms, à déporter leur douleur dans leurs oeuvres. La douloureuse et planante lumière grisatre et brumeuse nous fait ressentir 

Le regret éternel qui pousse tout homme à agir, c'est le sentiment inexorable du passage du temps. Impossible de vérifier le temps sur le beffroi indiquant différentes heures. Le temps passe et rien ne peut être fait pour l'arrêter. Quand on croit avoir atteint le sublime, on est aussitôt rappelé à la triste réalité. C'est là toute la magnifique beauté du film. Sa force d'émotion suggérée se nourit de notre plus grande peur : vieillir et perdre le beau. Au final, la mort apporté par l'homme, créature du temps par excellence, finit toujours par détruire la beauté.

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Mercredi 7 mars 2012 3 07 /03 /Mars /2012 00:34

http://image.toutlecine.com/photos/m/i/r/miracle-a-santa-anna-miracle-at-st-anna-22-10-2008-10-10-2008-2-g.jpg

 

Film interdit, film censuré, film polémique, Miracle à Santa Anna a fait couler beaucoup d'encre dans nos contrées. De façon aussi étrange qu'inexplicable, TF1 a refusé de le distribuer en France, que ce soit en salles ou en dvd.

C'est donc avec une certaine surprise que j'ai découvert ce film sur TF1. Certes, et que valait-il au final ? Pourquoi censurer un réalisateur aussi reconnu que Spike Lee ?

La réponse est simple : le film est tellement maladroit que tout peut être compris de travers.

 

Sorte de pendant à Indigènes, avec lequel il partage une même fin tragique, un gouvernement foulant les droits des soldats noirs, et le même personnage de l'ultime survivant, auquel on s'attendait le moins, Miracle à Santa Anna tente de mener sa lutte pour la reconnaissance des soldats noirs

 

A l'opposé du film de Rachid Bouchareb qui agissait peu et se regardait beaucoup (mais ce n'est pas un reproche), Spike Lee agit. Plutôt que de placer ses personnages dans un no man's land qu'est pour eux le territoire de la métropole, il les place d'emblée dans une situation périlleuse. Abandonnés par leurs hiérarchie, ils doivent lutter pour survivre.

 

Voilà donc notre petit groupe de bufalo soldiers dans un charmant petit village italien. Spike Lee excelle ici à retranscrire l'ambiance du village sous l'occupation nazie. D'une part, en se concentrant sur la ruralité du coin, il met en évidence ces petites communautés concentrés autour de leurs églises, et dont le prêtre est le représentant légal. D'autre part, en se concentrant sur une famille de fascistes, il touche à une idée politique extrêmement intéressante. Plutôt que de placer d'emblée le blame sur les fascistes, ses personnages attachants de papys rustiques fascistes, et de résistants déchirés par leurs idées politiques diverses se chargent de déculpabiliser ce mouvement politique. C'est les dérives qui en sont faites qui causent ces troubles.

 

Ce n'est certes pas sur cette famille italienne que porte le film. Repartons donc à ce petit groupe de soldats noirs. C'est là que le bat blesse. Tiraillé entre son combat pour la reconnaissance des soldats noirs et son message plus universel, James McBride ne sait jamais quelle direction son scénario doit emprunter. Résultat, aucun personnage fort ne se détache, si ce n'est monsieur "géant chocolat", qui semble n'être ici que pour légitimer et incarner les croyances mystiques de tous nos personnages.

Et c'est là justement, qu'on en vient à regretter les longs temps morts d'indigènes. Rachid Bouchareb a eu l'intelligence de laisser ses situations et ses personnages parler par eux même, sans leur infliger une suite de dialogues pitoyables, foutraques et contradictoires. Sans paroles ou presque, il mettait en scène le fossée entre les soldats français et ceux d'outre mer. Ici, on ne ressent jamais cela autrement que par l'artifice, par le dialogue. Certes, cela révolte au premier abord, d'autant plus que tout est vrai. Et ce combat est noble.

Mais à force de recourir aux flashs backs, au récit traditionnel hollywoodien pour raconter son histoire, Spike Lee finit par en négliger le présent, et à s'aliéner le passé. Ce passé devient une suite de massacre sans fin dont on finit par décrocher. Le présent quand à lui est une sorte de petit paradis, puisque très vite nos personnages s'organisent. Et ce ne sont pas les plans de détail sur les uniformes nazis qui changeront la donne. Et ce petit paradis se laisse vivre doucement avec de pales histoires d'amour mal écrites, jouées par des personnages sous écrits, tout juste bon à ressentir soit une émotion primaire, soit un premier émoi, soit la débilité pure et simple. On n'arrive jamais vraiment à s'attacher à ces personnages simplistes et pas très bien joués, et cela nuit bien évidemment au message de Spike Lee.

 

Les seuls bouts d'intrigue valables que McBride tente de ficeler sont les trahisons des résistants italiens. Ces personnages sont incarnés, ils sont complexes sans trop l'être, ils sont apres et rudes, et n'ont pas l'air de sortir de synécure. En une seule scène, lorsque l'un de nos résistants retourne au camps et surprend sans difficulté les deux "gardes" en train de papoter, il les place dans un contexte autrement plus difficile que la petite bulle qui se déroule plus bas avec les bufalo soldiers. 

 

Malgré tout, Spike Lee parvient à être intéressant, et même franchement passionnant lors de la première séquence de bataille, durant laquelle on est plongé dans cette ambiance de bataille. Assez brillament réussie, cette séquence souffrait déjà de son personnage de capitaine blanc dégénéré. L'artificialité du film aura fini par l'emporter sur son message. Grand coup de chapeau donc à monsieur Bouchareb, qui mine de rien a réalisé avec Indigènes un joli petit film sur ce sujet, que les américains et leur surenchère ne sont pas prêts d'égaler chez eux. (et j'assume)

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Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 22:34

  http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/0/1/4/9782267017410.jpg

 

Le Silmarillionest un livre de J.R.R. Tolkien, qui a passé toute sa vie à l'écrire à le réécrire et le réécrire encore. Il a été achevé après sa mort par son fils Christopher Tolkien et l'écrivain canadien Guy Gavriel Kay et publié en 1977 (rappelons que son auteur est mort en 1973).

Ce livre particulier raconte l'histoire du monde du Seigneur des anneaux, la terre du milieu, durant une période que son auteur a appelé «premier âge», Le seigneur des anneaux se déroulant dans le «troisième âge», plusieurs millénaires plus tard.

Le livre est constitué de 5 parties : Ainulindalë, qui raconte la création du monde par une grande puissance appelée Illuvatar ; Valaquenta, qui est consacré à l'histoire du premier peuple du monde, les valars, des puissances douées de magie créées par Illuvatar ; la Quenta Silmarillion, l'histoire des hommes et des elfes au premier âge ; l'Akallabeth, le récit de la chute de Numénor, un récit du second âge ; et enfin, un bref résumé des évènements précédant directement Le seigneur des anneaux. Les récits du premier âge (excluant l'Akallabeth et le récit des anneaux) sont directement marqués par l'influence d'une puissance maléfique représentée par un individu de sexe masculin appelé Melkor ou Morgoth. Cette puissance s'oppose à ses pairs, les valars, dont les autres représentants sont les défenseurs des «enfants d'illuvatar», les elfes et les hommes.

 

Le style et l'ampleur clament la volonté de JRR Tolkien. Loin d'un récit de sale gosse désirant s'évader du monde, ou dresser un constat noir et localisé, Tolkien choisit de dérouler son histoire sur des millénaires, et d'en faire un exutoire de ses croyances personnelles.

Ici, la présence d'un être suprème et omniscient rappelle la religion catholique qui le berce depuis sa conversion en 1900 (à la suite de sa mère). Il en récupère également un goût du rituel, de la prose pompeuse et des phrases sentencieuses.

On retrouve un lot de thème issues du judaisme et du christianisme. Le voyage, le déracinement, forgent les elfes, qui voyagent vers Valinor, qui est en quelques sortes leur terre promise, les hommes à leur suite, bien que Valinor leur soit interdit. Le choix est très important, héritage catholique. Déjà chez les elfes se faisaient sentir des scissions, entre les différentes parties, chacune souhaitant voyager à sa manière. Cela est exacerbé chez les hommes, dont les Edain, un peuple souhaitant découvrir la lumière de Valinor et faisant confiance aux elfes se retrouvent de fait hais par les autres hommes.

 

Mais Tolkien ne se limite pas à la culture judéo chrétienne. Il disait que «de tous les mythes qu'ont inventé les hommes depuis le début de l'histoire, je ne peux pas croire qu'il n'y ai pas eu une part de vérité». Pour exprimer sa croyance, il cherche les idées les plus frappantes, les figures du mal les plus fortes.

Etant déjà allé chercher les elfes, représentants de la sagesse, mais tout de même corruptibles, il invoque des références scandinaves, allant y chercher les orcs, les nains, les trolls, les dragons. Tout un imaginaire barbare et brutal, représentant la part la plus sombre de son univers.

Elle est là son originalité. Elle est de mélanger les cultures pour frapper par des figures fortes et symboliques représentants les différents versants de sa croyance.

Tolkien est un homme qui aime profondément la vie, qui est profondément croyant, et qui a une affection profonde pour les mythes et légendes qui ont forgé son succès. Cette sincérité conduit à l'impression qu'il invoque des références sans jamais les trahir, faisant ressortir par leur mélange la force intrinsèque de chacune.

 

http://tempas.hautetfort.com/media/01/01/547250145.jpg

 

Une autre chose incroyable dans ce recueil de croyances, c'est que Tolkien choisit de citer cet univers comme étant notre monde à une période bien lointaine. Loin de créer un monde, il incite au contraire tous ses lecteurs, aussi bien ceux du Seigneur des Anneaux que du Silmarillionà considérer son œuvre non comme un nouvel univers à explorer, mais comme un exutoire de ses propres expériences, et surtout une terre parallèle à celle d'aujourd'hui. Un âge des héros dans lequel les hommes seraient présents, et durant lequel les bases du monde seraient posées, avec déjà leur lot d'avarice, de cupidité, de recherche de pouvoir, mais aussi d'amour, de grand amour.

 

C'est cet amour que Tolkien met en exergue dans Le Silmarillion. Il le représente à n'en pas douter comme l'émotion fondatrice de la bonté humaine. Il insiste en particulier l'amour apporté par les femmes aux hommes.

Le Silmarillionest marqué par la personnalité forte de la mère. Déjà parmi les valars, puissances qui gouvernent le monde, la création, les plantes, les soins, et toutes les notions maternelles sont représentées par des déesses.

Plus généralement, et plus loin de son influence catholique, la femme, bien que représentée souvent comme la mère, et c'est le cas notamment de Mellian, déesse femme d'un roi elfe, Thingol, ou de Morwen, une femme humaine, mère de Turin, un héros humain et Nienor, sa soeur, n'est pas simplement la représentante et protectrice de la vie, mais également sa championne. Morwen parcoure la moitié du Bélériand pour essayer de retrouver son fils, Luthien, la femme elfe accompagne l'homme Beren jusque dans l'antre de Morgoth, par amour.

On peut voir dans ces grands sacrifices féminins la figure de la mère de Tolkien, morte en 1904, et qui a grandement marqué le jeune homme.

 

Loin de se limiter à mixer toutes ces influences bêtement, Tolkien les fait interagir. Les elfes, les nains et les hommes principalement, sont les représentants de sa pensée. Ils sont en perpétuelle réflexion sur leur nature et leur relation aux autres. En effet, placer des elfes, immortels, sages, beaux, mais arrogants parfois, avec les hommes, mortels et fragiles était s'exposer à des conflits d'ordres moraux entre les deux.

A travers des récits aussi déchirants que Beren et Luthien, Les enfants de Hurin, Tolkien dépeint deux superbes drames sur l'incommunicabilité, qui représentent la difficulté des hommes à trouver leur place dans un monde gouverné par les rois elfes.

 

http://fc01.deviantart.net/fs70/f/2010/051/3/3/Akallabeth_by_Grrrod.jpg

 

Des millénaires après les évènements du premier âge, à Numénor (dans le quatrième récit de ce livre : l'Akallabeth), les hommes de Numénor, pourtant doués de longue vie et de grand pouvoir et sagesse se rebelleront contre les elfes, avec la réponse divine immédiate qu'est la submersion totale de leur pays insulaire. Cela rappelle encore à la vision de Tolkien sur la religion, tout homme a sa place, au dessus de laquelle il ne doit pas prétendre s'élever. Il peut cependant accomplir de grande chose, avec le temps qui lui est imparti.

 

La plus spectaculaire représentation du destin inexorable de l'homme est l'histoire de Turin Turambar, le héros du chapitre, Les enfants de Hurin. Partout où il passe, il cherche à s'imposer et devenir le prince qu'il croit être. Mais il est marqué de la malédiction du «diable» Morgoth, et n'en récoltera que la chute de tous ceux que son ombre recouvrira. Rappelant à tous qu'on ne peut changer le destin qu'en étant humble.

A l'opposé, un homme qui sait outrepasser son destin est Beren. Amoureux de Luthien, une femme elfe, il fait tout pour recueillir la bénédiction de son père pour leur union (son père étant Thingol dont nous avons déjà parlé). Par la force de l'amour, ils parviendront à faire vasciller la puissance de Morgoth, allant même arracher de sa couronne deux pierres : les fameux silmaril !

 

Le Silmarillionest une oeuvre extrêmement vaste aux thématiques variées, toutes étant liées à la croyance d'un homme, JRR Tolkien. Plus que son don des langues et son imagination foisonnante, c'est sa foi inébranlable en le monde, et dans l'existence d'une force qui donne une raison à tout ce manège.

C'est de cette manière qu'est construite son récit. Toutes ces histoires de générations toutes plus malheureuses les unes que les autres trouvent leur aboutissement dans un Deus Exx Machina, un incroyable croisement entre elfes et hommes donnant naissance à un héros légendaire : Earendil, qui tel Jesus le sauveur, serait allé rencontrer les valars et aurait causé la fin de Morgoth.

Par fragments d'âme
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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 00:06

 

France :

 

Meilleur Film 

L'exercice de l'état


Meilleur Réalisateur

Pierre Shoeller


Meilleure Actrice

Karin Viard


Meilleur Acteur

Olivier Gourmet


Meilleure Actrice dans un second rôle

Hasfia Zermi


Meilleur Acteur dans un second rôle

Jean-Pierre Bacri

 


Meilleure Révélation féminine

Adele Haedel


Meilleure Révélation masculine

Vincent Rottiers


Meilleur Scénario original

Avant l'aube


Meilleur Scénario adapté

Intouchables


Meilleur Premier film

Après le sud


Meilleur Comédie ou musical

Intouchables

 

 

  Monde :

 

Meilleur Film 

Tree of life


Meilleur Réalisateur

Takashi Miike


Meilleure Actrice

Jessica Chastain


Meilleur Acteur

Michael Fassbender


Meilleure Actrice dans un second rôle

Carrey Mulligan

 


Meilleur Acteur dans un second rôle

Ben Kingsley

 


Meilleure Révélation féminine

Carrey Mulligan


Meilleure Révélation masculine

Michael Fassbender


Meilleur Scénario original

Essential Killing


Meilleur Scénario adapté

Hara Kiri


Meilleur Premier film

Le complexe du castor


Meilleur Comédie ou musical

Crazy stupid love

 

Meilleur film d'animation

Arrietty


Meilleur film SF Horreur Fantastique

X men les origines

 

Par fragments d'âme - Publié dans : Bilan - Communauté : Les anciens d'AlloCiné
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